
Rendez-vous sur tes barres flexibles
Le titre Rendez-vous sur tes barres flexibles donné à cet ouvrage est emprunté à un poème de René Char datant de 1986. Dédié au couple de danseurs étoiles que Wilfride Piollet forme avec son mari Jean Guizerix, ce poème ouvre les pages d’un ouvrage empli de documents photographiques pris lors de leur parcours scénique. Aidée de la pensée érudite de Gérard-Georges Lemaire, Wilfride Piollet propose dans ce livre de mettre en présence la sensibilité du regardspectateur et l’imaginaire de l’artiste-interprète. « Dans ces dialogues (dialogues où je tiens le rôle du néophyte) Wilfride Piollet nous invite à réfléchir sur le fondement, l’exécution et la finalité de chaque figure. Elle nous montre de quelle façon chaque partie du corps devient un instrument signifiant de la très subtile architecture qui est dictée par la philosophie de la danse. Ce sont les prolégomènes à toute intelligence future de cet art et aussi les premiers fondements d’un enseignement original qui concilie tradition et révolution. En tirant la somme de cette partie de son existence qu’elle a consacrée à la sévère et aride discipline de son art, à une passion qui ne s’épuise au grand jamais, elle sait que cette réflexion porte sur ce qu’elle a gagné après être passée sous les fourches Caudines d’une éducation dure, ingrate, faite d’abnégation et de souffrance. Et ce qu’elle a gagné, c’est la liberté, la jouissance et la maîtrise permettant de dépasser la technique et d’atteindre ce qui est d’atteinte.
Aventure des barres flexibles
Ne plus séparer les techniques (classique, jazz, contemporaine, baroque…) : ce qui est une évidence (passer d’un style à l’autre) depuis un bon moment sur les scènes qui proposent des spectacles de danse, n’a longtemps pas inquiété les responsables de l’enseignement. Pourtant, de plus en plus de danseurs sont confrontés à cette obligation d’adaptation. Il n’est plus possible, maintenant, de n’être que « classique » (ni uniquement « contemporain » d’ailleurs), il leur faut, en concentrant en eux les divers moyens d’expression du XXIe siècle, savoir s’engager corps et âme dans des mouvements aux motivations multiples. C’est cette synthèse des différentes notions présentes dans les écritures de la danse que j’ai tenté de faire dans mes exercices d’entraînement. Ce petit ouvrage se propose d’en dévoiler, dans la mesure du possible, les étapes, le cheminement, le but, qui, au fond, se confond avec les moyens.


Synthèse des barres flexibles
Wilfride Piollet expose ici la version achevée de ses Barres flexibles (expression tirée d’un poème que lui dédia René Char), sa théorie sur la danse consacrée aux exercices d’entraînement et d’échauffement. Ces exercices sont aussi bien outils d’interprétation que moyens de création et consignes d’improvisation. Synthèse des Barres flexibles se consacre précisément aux moyens d’observation et d’utilisation sensibles de cette recherche. Il se compose de deux parties : – 1ère partie : Les moyens de penser son geste. Il s’agit là d’évaluer son propre espace de mobilité (les mesures du corps) et de prendre conscience de la projection du corps dans l’espace (les temps du corps) pour aborder différentes façons d’habiter et d’affronter l’environnement. – 2e partie : Passer à l’acte. Cette partie est consacrée à la présentation exhaustive et synthétique des différents ingrédients qui composent la méthode des Barres Flexibles. Les exercices y sont présentés dans leur intégralité, sous la forme de partitions en cinétographie Laban.
Giselle
L’argument du ballet, par T. Gautier, est illustré de photographies des danseurs W. Piollet et J. Guizerix interprétant cette oeuvre.


Barres flexibles
Wilfride Piollet remplace l’appui horizontal et sécurisant de la main posée sur la barre traditionnelle par un appui imaginaire fixé alors en point d’attention. Sensibilisation à la gravité, ce point permet les ajustements dynamiques d’un axe ouvert.
Plumes abandonnées
Jean Guizerix
Artiste dans l’âme, danseur étoile et poète, Jean Guizerix livre dans ce texte une remarquable et brillante représentation de l’accord parfait de l’intelligence du corps s’unissant à l’esprit.
Les termes de la danse sont l’attelage qui débute et entraîne la pensée poétique de Jean Guizerix tant dans le mouvement de l’expression que dans l’expression du mouvement.


Le moulin de Jerry
Jean Guizerix
Jean Guizerix, en son temps danseur étoile, puis maître de ballet à l’Opéra de Paris, est invité, en 1992 et en 1995, par Jérôme Robbins, le chorégraphe new yorkais de West Side Story, pour interpréter Watermill (Le Moulin) avec le New York City Ballet. La trace de cette expérience est ce Moulin de Jerry…
Aile jusqu’au bout m’aime
Jean Guizerix
“Lui aussi possédait des ailes, tant à son prénom qu’à ses talons, ses omoplates ou ses tempes. Dans sa démarche, sorte de déambulation innée, libre et provocante, l’avancée de la hanche opposée à la poussée du pied dont le talon ne se reposait que peu, donnait l’illusion qu’il effleurait le sol. Balder dansant ?”

Sur les traces des Dames Blanches
Sur les traces des Dames Blanches fait signe et nous interpelle l’incorporel angélique. Parallèlement fait sens également la figure du héros-sauveur au coeur du labyrinthe là où se traduisent en nuées les danses sapientiales. À l’infini, l’orchestique beauté du geste se restitue par petits bataillons entiers à la clé de seigneuries qui ajoutent, (…) noblesse de l’homme. Humanités chorégraphiques en acte et en puissance : jeu vitaliste-agrément social unique. » Valérie Colette-Folliot (2022).
« Les mains sont en relation avec le coeur. Et la première position du vocabulaire classique n’est que le développement de cette relation au coeur. À. partir du Romantisme, les bras continuent leur déploiement pour devenir des ailes. Ces deux positions extrêmes, au plus près du coeur et au plus loin vers le ciel, sont les mouvements les plus usités dans le répertoire. Mais quand après avoir volés, les bras se referment sur la poitrine, ils deviennent le geste même de l’embrassement, le geste même de l’amour. Ce geste, qui garde au fond du coeur celui qui le fait vivre et que cela fait vivre, c’est le geste même de la tendresse. […] Les Dames blanches, dans leurs aimantes métamorphoses, sont détachées de la terre, dans la plénitude de leur mouvement, leur vérité, une vérité telle qu’elle est une jouissance que rien ne peut éteindre. Platon ne disait-il pas : « de toutes les choses corporelles, ce sont les ailes qui participent le plus à ce qui est divin » ? » Wilfride Piollet (1998).
« « Lumière dans le Seigneur ». C’est enfin revêtir l’homme nouveau… prédilection pour l’inaccessible, en quête d’identité. La figure évolue avec légèreté, sur pointes et en tutu, pour mieux incarner ce dépassement de soi, le désir. Et le corps dansant glorieux se magnifiant, ainsi la cristallisation de la Chair s’opère faisant suite à la débâcle… » Valérie Folliot (1998).

Le Coffret Giselle, un outil tactile et sonore pour « voir » la danse
Delphine Demont est danseuse et chorégraphe. Elle a créé la compagnie Acajou à Paris en 2005. De sa réflexion sur la danse est née l’envie de transmettre son art aux personnes déficientes visuelles. Elle a conçu avec la danseuse étoile Wilfride Piollet, en partenariat avec la maison d’édition Les Doigts Qui Rêvent, un coffret sonore et tactile pour permettre aux personnes déficientes sensorielles de découvrir le ballet Giselle et plus largement la danse classique et l’univers de l’Opéra.


Parallèle
Livre témoignant de leur vie d’interprètes illustré de nombreuses photos.
Les gestes de Lilou
Ces livrets sont destinés aux enfants qui aiment la danse et auxquels leurs parents ou professeurs désirent apporter certaines notions fondamentales : être conscient de son corps-instrument, rêver, ressentir son mouvement. Conjuguer ces notions différencie un geste dansé d’un geste de la vie courante.
Les Gestes de Lilou abordent chacun une façon d’être, une identité singulière et sont déclinés au travers des grands rôles du répertoire : un rôle est une histoire de corps dans un contexte poétique.
Entre les pages 15 et 21, vous trouverez trois exercices créés à partir des authentiques mouvements de la chorégraphie. Un sujet commun (par exemple la direction) est incarné par deux personnages, garçon et fille (par exemple Igor et Sylvia). Ces exercices sont développés selon deux thématiques différentes (vers le haut pour Igor, vers l’ailleurs pour Sylvia). Une troisième notion, page 3, précise et développe les thèmes énoncés (la direction et vers le haut seront complétés par le jeté pour Igor ; la direction et vers l’ailleurs seront précisés par l’arabesque pour Sylvia). Une attention au corps est proposée page 15, en lien avec une observation pédagogique (savoir aller vers le haut en se servant du bas). Page 16, le dessin montre le mouvement dans sa forme suivi d’une observation (pour retirer une jambe, il faut la plier en laissant le pied contre l’autre jambe). Page 17 se trouve une métaphore en image du mouvement illustrée par un dessin anatomique.
Toutes les notions qui entourent les personnages d’une atmosphère bien particulière sont inséparables de leur identité.
À quelque niveau que ce soit, une interprétation reste le fruit d’une éducation. Il s’agit de réunir dans un même engagement le corps, la sensibilité et l’imaginaire de la personne…


Au cœur du geste
Dans cet ouvrage collectif, vous trouverez tout ce que vous avez toujours voulu savoir (ou presque) au sujet de l’Analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé, de ses origines à son devenir.
Christophe Duveau-Villéger a rédigé un texte « L’AFCMD et la geste des Barres Flexibles de Wilfride Piollet où il explique l’intérêt de transmettre la technique des Barres Flexibles de Wilfride Piollet dans le cadre de la formation du danseur en utilisant les outils de l’AFCMD.
Des témoignages d’élèves et de collègues permettront d’illustrer concrètement son propos au fil du texte.